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samedi 13 août 2011

Projet de parc éolien La Berra - Le Cousimbert

Chère Lectrice, cher Lecteur,

Depuis quelques jours, deux mâts de mesure du vent sont en fonction sur la commune de Cerniat au-dessus du chalet le Bi Gîte et dans la commune de La Roche sur la crête reliant la Berra et le Cousimbert. Ses installations ont pour but de quantifier et de qualifier le potentiel éolien du site afin de déterminer si potentiel il y a et le cas échéant le type d'infrastructures à planifier.
Vous vous demandez sans doute pourquoi une telle information figure sur un blog de campagne électoral. Les raisons sont multiples. D'une part, il se trouve que je gère ce projet de parc et d'autre part, le développement des énergies renouvelables dans le canton de Fribourg et à fortiori en Gruyère est un sujet qui me tient à coeur. L'homme se développe et c'est une bonne chose, cependant, les ressources à sa disposition sont limitées, elles doivent être gérées de façon durable et profiter à tous. Les sources d'énergie n'échappent pas à ce constat. Outre le fait que la consommation d'énergies fossiles est polluante, lesdites sources se raréfient. Les sources d'énergie issues de l'atome (fission), quant à elles, posent de tels problèmes de sécurité que des alternatives doivent être envisagées. Le Conseil fédéral s'est d'ailleurs prononcé sur ce sujet, il a décidé de sortir de la filière atomique et de promouvoir les énergies renouvelables. Le projet de parc éolien La Berra - Le Cousimbert s'inscrit totalement dans le concept de développement durable et contribue à l'atteinte des objectifs de production énergétique fixés, soit par la Confédération, soit par le canton de Fribourg.

Le mât de 30 m surplombant le chalet du Bi Gîte sur la commune de Cerniat

9 commentaires:

  1. Monsieur Gendre,

    Merci de vous préoccuper de la mise en oeuvre d'une politique énergétique du renouvelable.

    Les sites éoliens nous éloignent de la sortie du nucléaire et du fossile. Ils produiraient moins de 1% de la consommation électrique de notre canton, celle-ci augmentant de 1.3% en moyenne par année. Il y a des investissements dans l'avenir énergétique bien plus profitables à réaliser en priorité. Ce n'est pas parce qu'il part d'une bonne intention qu'il vise à produire de l'énergie renouvelable qu'un projet est bon par définition. Les projets éoliens fribourgeois ne font hélas pas partie des bons projets.

    Outre leur manque de rendement (la Suisse n'étant pas un pays à vent), ces sites, comme celui du Lac-Noir du reste, seraient construits dans des parcs naturels et des régions fortement fréquentées par les randonneurs et les touristes. Ceux-ci seraient inaccessibles en hiver de par le risque de chutes de glaçons projetés à plus de 100km/h par les pâles des éoliennes. Sans compter le bruit de ces engins dans des régions où les gens recherchent le calme et la quiétude. Ces éoliennes défigureraient nos Préalpes loin à la ronde, tout comme la vaste route de construction et d'exploitation qui serait ouverte toute l'année. Enfin, ces éoliennes seraient placées dans un important couloir aérien d'oiseaux migrateurs et y causeraient des dommages importants à la faune aviaire (au moins plusieurs milliers d'oiseaux tués chaque année si ce n'est plus, dont des oiseaux appartenant à des espèces menacées).

    L'EPFZ a réalisé durant l'été 2011 une étude sur la faisabilité de la sortie du nucléaire. Celle-ci est possible d'ici à 2050 selon les experts de la haute école. En renforçant l'hydraulique, en investissant massivement dans le photovoltaïque, le tout complété par la biomasse et la géothermie. Pour l'EPFZ, il ne faut pas compter sur plus de 2 à 3% d'électricité pouvant être produite par l'éolien en Suisse. Et cette part négligeable peut sans problème être importée de sites éoliens implantés à l'étranger (Allemagne, Espagne, etc) dans des endroits ne posant pas de problème environnementaux majeurs.

    Ca serait faire fausse route que de croire que l'éolien sera un pilier de la politique énergétique du futur en Suisse. Au contraire, il nous éloigne des ambitieux objectifs visés. Il est don pressant de suivre les recommandations de l'EPFZ et d'investir en priorité dans l'hydraulique, le solaire, la biomasse et la géothermie ainsi que la coopération internationale. Et de ne surtout pas faire l'erreur de sacrifier le précieux patrimoine naturel préalpins que nos ancêtres nous ont confié et que nous confierons à nos enfants.

    Avec mes meilleurs messages,

    Laurent Bardy,
    Fribourg

    Pour plus d'informations : http://www.sauvez-les-prealpes.ch

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  2. Monsieur Bardy,

    Je vous remercie pour votre commentaire et y réponds comme suit.

    Tout d’abord permettez-moi de vous rappeler que la politique énergétique du Conseil Fédéral précise que les piliers de la politique helvétique afin de sortir du nucléaire sont : l’efficacité énergétique, les économies d’énergie, la construction de nouvelles grandes centrales et le développement des énergies renouvelables. La récente décision des chambres fédérales de sortir du nucléaire augmente encore la nécessité de développer en Suisse les énergies renouvelables.

    Les perspectives de l’éolien, estimées par l’Office Fédéral de l’Energie (OFEN), se situent, dans la «nouvelle politique énergétique» du Conseil Fédéral, à 4 milliards de kWh en 2050. Le Forum suisse de l’énergie, pro nucléaire, s’en tient, dans une brochure éditée après la catastrophe de Fukushima, à un potentiel de 600 millions de kWh en 2020, ce qui correspond déjà aux éoliennes existantes et aux projets déposés. Concrètement, le parc éolien « Juvent » produit annuellement plusieurs millions de kilowattheures. Il alimente environ 10 000 foyers. Il a permis de générer des revenus supplémentaires pour les agriculteurs du lieu, grâce au développement du tourisme doux. Est-ce vraiment insignifiant ? Le potentiel éolien en Suisse est tout à fait intéressant et mérite d’être exploité, nous, Fribourgeois, devons prendre part à ce développement et augmenter notre indépendance énergétique.

    Certes, les éoliennes ne seront pas la solution universelle pour combler la perte de production d’énergie électrique due à l’arrêt progressif des centrales nucléaires. Elles font partie de l’ensemble des technologies que notre société doit utiliser.

    Le canton de Fribourg possède un potentiel éolien caractéristique. Sa population a démontré dans le récent sondage organisé par Groupe e Greenwatt SA, son acceptation dans les projets éoliens (Schwyberg).
    C’est l’addition de toutes ces nouvelles sources d’énergies associées aux programmes d’économie d’énergie qui nous permettra de combler au fur et à mesure le manque de production due à notre décision démocratique de sortir du nucléaire. Dans ce domaine, il n’y a pas de technologies universelles et il y aura toujours des avis divergents qui pourront s’exprimer. Car la Suisse est un pays démocratique et libéral.

    S’il est en effet interdit de construire dans un parc naturel, ce n’est pas le cas dans un parc naturel régional. Un parc naturel régional vise à sauvegarder les richesses naturelles mais également à maintenir l’homme sur son territoire. Il applique les principes du développement durable et, dans un tel contexte, des installations de production d’énergie, qui valorise les énergies renouvelables, ont parfaitement leur place.


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  3. ... Suite de la réponse


    Concernant les risques de chute et projection de glace, le parc éolien Juvent a réalisé une étude pour évaluer ce risque et des mesures de sécurité sont appliquées sur le site, haut lieu du tourisme hivernal, connu pour ses pistes de ski de fond. Ces mesures ne condamnent pas l’accès au site comme vous semblez le dire.

    Concernant le site de La Berra, que j’affectionne autant que vous. Reconnaissez qu’il est façonné par l’homme depuis des siècles, voir des millénaires, sans ce travail incessant des exploitants des alpages il serait fort différent et moins attractif. Cependant, pour mieux appréhender notre projet fribourgeois, je vous invite à venir visiter la centrale Juvent et constater l’excellent travail de préparation qui nous a permis de minimiser les impacts des infrastructures et de soigner les perspectives paysagères. Point de « vastes routes ouvertes toute l’année » mais des chemins de terre battue, voila ce qui vous pourrez voir.

    En conclusion, nous ne sommes qu’au début d’un long processus de réflexion sur la faisabilité du projet. Le périmètre retenu dans le concept éolien du canton de Fribourg nécessite des études approfondies que nous réalisons actuellement pour définir avec précision tous les détails de ce projet. Il tiendra compte des résultats des diverses études qui auront été conduites. La décision finale appartiendra aux citoyens qui par le biais des autorités démocratiquement élues et dans le respect des lois délivreront (ou bien ne délivreront pas) les autorisations nécessaires à la réalisation de ce parc éolien.

    Luc Gendre

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  4. Monsieur Gendre,

    Merci pour votre réponse détaillée à mon commentaire. Elle porte sur des éléments pertinents qui méritent d'être mis en lumière sous différents angles. Me permettrez-vous dès lors quelques observations complémentaires ?

    1. politique énergétique de la Suisse

    Vous soulignez à raison les axes principaux de la future et nouvelle politique énergétique de la Suisse. Et la place des énergies renouvelables dans cette dernière. Ce qu'il faut préciser, c'est qu'un choix stratégique en matière de priorité des investissements doit encore être effectué ici et que le Conseil fédéral ne s'est pour l'instant pas prononcé sur le sujet.

    Nous ne disposons pas de ressources financières illimitées nous permettant d'arroser tous les projets d'investissement en matière de production d'énergie issue du renouvelable. Les experts en la matière, y compris les grandes entreprises électriques, s'accordent à dire qu'en Suisse nous ne produirons pas, au mieux, plus de 2 à 3% d'électricité issue de l'éolien car notre pays n'est pas un pays favorable à cette technologie. Les experts en énergie de l'EPFZ ont étudié cet été la faisabilité d'une sortie du nucléaire. Ils pensent que cela est possible en la faisant reposer sur les axes directeurs tels que repris par le Conseil fédéral. En matière d'énergie renouvelable, cette étude a fixe des priorités justement.

    Outre renforcer et améliorer l'hydraulique (qui peut fournir encore 50% de notre électricité d'ici à 2050), l'étude préconise d'investir prioritairement et conséquemment dans le photovoltaïque, secondé par la biomasse puis la géothermie. L'éolien suisse n'est même pas mentionné dans le résumé des points clés de l'étude tant son apport est marginal (voir références ci-dessous). L'étude de l'EPFZ va ici dans la même direction que la vision d'Energie Trialog Suisse, regroupant les principaux acteurs concernés par la problématique énergétique de la Suisse.

    Conclusion sur ce point : si l'on sait, de plus, que les Préalpes fribourgeoise n'offrent aucun site jugé comme prioritaire par la Confédération (parce que pas assez venteux et ayant trop d'inconvénients), la construction de sites éoliens industriels sur les crêtes des Préalpes fribourgeoises - ne pouvant même pas produire 3% de la consommation électrique actuelle du canton de Fribourg, celle-ci croissant de plus de 1% chaque année en moyenne - n'a pas beaucoup de sens lorsque l'on met dans la balance l'ensemble des importants impacts négatifs de tels projets.

    La suite dans un prochain commentaire.

    Références :

    https://www.ethlife.ethz.ch/archive_articles/110902_Energiegespraech_ETH/index_EN
    http://www.cces.ethz.ch/energiegespraech/
    http://www.energietrialog.ch/

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  5. 2. "9'000 ménages, ça n'est quand même pas rien" : tout est relatif...

    C'est le refrain habituel des promoteurs éoliens. Qui nous présentent systématiquement la potentielle mariée sous son plus beau profil. Prenons le cas du site éolien du Lac-Noir (Schwybger). Celui-ci couvrirait, nous dit-on, la consommation de 9'000 ménages (soit plus ou moins le même nombre que Juvent). Deux précisions importantes doivent cependant être ici faites concernant pour l'une la taille d'un ménage, pour l'autre la consommation globale.

    Implicitement, pour la plupart des gens, un ménage, c'est une famille standard de 4 personnes. Ce qui signifierait que ce projet répondrait aux besoins de 36'000 personnes, dans un canton ayant une population d'environ 270'000 âmes. Et ça ne serait effectivement pas rien ! Seulement voila, le denier recensement statistique faisant état d'une moyenne de 4 personnes par ménage dans notre canton remonte à... 1960. Au recensement de 2000, ce nombre a chuté à 2.5 personnes par ménage. L'Office fédéral de la statistique estime que la taille moyenne d'un ménage suisse en 2009 est de 2.2. Prenons comme compromis 2.3 pour nos calculs. Ce ne sont donc déjà plus 36'000 personnes qui seraient approvisionnées par les éoliennes du Lac-Noir, mais 20'700.

    Ce n'est pas tout. Les membres d'un ménage consomment au final nettement plus que ce que leur indique leur seule facture d'électricité. Car l'électricité n'est pas utilisée qu'à l'auto-production de biens et services domestiques du ménage. La production des biens achetés par un individu nécessite le plus souvent une consommation électrique de la part des entreprises les produisant. Ainsi par exemple, la machine à café, la machine à laver la vaisselle et les lampes du bistrot où je bois mon café consomme de l'électricité. Dont je paierai les coûts dans le prix de mon café. En 2010, les ménages représentent 30% de la consommation d'électricité. Les 70% restant servent à la production par les entreprises et les institutions publiques des produits consommés par les ménages. Cela signifie qu'individu consomme effectivement, directement et indirectement, 3 fois plus (3.3 pour être plus précis) d'électrivité que ne l'indique sa facture d'électricité. Il faut donc diviser par autant le nombre de personnes approvisionnées par nos éoliennes pour connaître le nombre de personnes dont ces engins pourraient supporter les besoins effectifs en électricité. Cela nous ramène à la couverture des besoins en électricité d'un peu plus de 6'200 personnes. Ce qui représente un peu plus de 2% (2.3%) de la population du canton de Fribourg. Qui ne cesse de croître tout comme la consommation globale du canton (et sur le long terme, comme le prévoient les experts, et malgré les mesures d'économies qui ne feront qu'en freiner la croissance, cette consommation est appelée à augmenter).

    la suite au prochain commentaire...

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  6. 2. "9'000 ménages, ça n'est quand même pas rien" : tout est relatif... (suite)

    Les installations de la Berra et du Cousimbert couvriraient quant à elle moins de 1% de la consommation du canton. Additionnées à celle du Lac-Noir, on reste en dessous de 3%, donc dans les chiffres prévus quant au potentiel éolien en Suisse sur le long terme.

    "Potentiel tout à fait intéressant" ou "insignifiant" ? Je laisse vos lecteurs juger. Vaut-il la peine de sacrifier les magnifiques crêtes de nos Préalpes fribourgeoises et porter sérieusement atteine à la faune aviaire qui y vit ou y transite pour si peu ? En ce qui me concerne, mon choix est fait.

    Rappelons encore que ce pourcentage de l'éolien dans la production totale d'électricité va diminuer sur le long terme avec l'augmentation de la consommation électrique. Et que ces installations sont dans l'incapacité d'approvisionner en continue les besoins de nos 6'200 personnes. Car la majeur partie du temps, ces éoliennes seront soit à l'arrêt (pas assez ou trop de vent), soit ne tourneront pas à plein rendement. Et que pour l'essentiel, des centrales à gaz ou nucléaire (importation de courant français notamment) sont nécessaires afin de couvrir ces déficits d'approvisonnement. Il me semble que les experts ont déjà donné leur appréciation en recommandant de miser principalement non sur l'éolien suisse mais sur le photovoltaïque, bien plus prometteur et ayant un potentiel sensiblement plus grand sur le moyen et long terme. Or actuellement la législation subventionne principalement l'éolien au détriment du solaire, et cette distorsion de concurrence n'est pas compatible avec une politique énergétique cohérente et en adéquation avec la réalité des faits.

    La suite au prochain commentaire.

    Sources :

    http://www.fr.ch/sstat/files/pdf27/Ann-2011-ANNUAIRE.pdf
    http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/01/01/key.html
    http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/08/01/key.html

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  7. 3. indépendance ou interdépendance énergétique ?

    Vous évoquez la question de l'indépendance énergétique de notre canton. C'est un sujet pertinent qui mérite d'être débattu tout en y apportant également quelques éclairages complémentaires. Cette interrogation pose plus généralement la problématique de l'autonomie économique de notre pays. L'autonomie est une aspiration légitime. Mais de nos jours, elle se conjugue avec d'autres intérêts devant également être mis dans la balance. Sur le plan politique et économique, la doctrine et les faits ont ici fortement évolué. Prenons l'exemple du plan Wahlen. Avant la seconde guerre mondiale, la Suisse a pris des mesures afin d'accroître son autonomie alimentaire face à la grave crise qui menaçait. Cette politique a effectivement réduit les effets de la crise européenne d'alors en augmentant l'indépendance agricole de la Suisse face à l'étranger (surtout de par le fait qu'il n'y pas eu de guerre sur le territoire helvétique).

    On pourrait en conclure que c'est là la voie à suivre également en matière d'approvisionnement énergétique. Et plus généralement en biens et services essentiels. Ce qui est tout à fait compréhensible. La structure des échanges économiques a cependant radicalement changé après la seconde guerre mondiale. Alors même qu'ils ont le plus souffert du conflit en Europe, nos voisins n'ont pas retenu le repli sur soi et le protectionnisme comme politique économique d'après guerres mondiales. Bien au contraire.

    Afin de faire face à une éventuelle catastrophe, il est possible de miser sur deux stratégies différentes. On peut certes investir dans des moyens permettant de faire face à la catastrophe le jour où celle-ci a lieu (comme construire des abris anti-nucléaire par exemple). Mais on peut également privilégier la stratégie visant à prévenir la catastrophe (à l'image de la sortie du nucléaire). Les grandes puissances européennes ont courageusement opté pour cette seconde optique après la seconde guerre mondiale en fondant ce qui deviendra l'actuelle Union européenne. Elles ont misé, entre autre, sur une politique économique se fondant sur le libre échange. Dans un tel cadre, l'objectif visé n'est plus l'indépendance économique de chaque pays pris isolément mais bien leur interdépendance, la santé économique d'un pays dépendant de celui des autres qui sont également importateurs des produits qu'il exporte. Un pays a ainsi besoin des autres pour ses exportations et importations, et réciproquement. Conséquence de cette stratégie européenne : stabilité politique et développement économique. Jamais les pays européens ne connaîtraient un niveau de vie correspondant au leur avec une politique de repli sur soi. Située au coeur de l'Europe, la Suisse, de facto, participe à cette intégration économique à laquelle elle prend part activement.

    L'internationalisation des échanges commerciaux entraîne une spécialisation. Chaque pays tend à se concentrer sur les marchés d'exportation dans les secteurs où il a le plus d'avantages en comparaison des autres pays, c'est-à-dire dans les secteurs où il est capable de produire à moindres coûts. Cette division internationale du travail, comme l'appelait Adam Smith, a pour conséquence que, globalement, les pays participant à ces échanges produisent plus et à meilleur marché, leur niveau de vie s'en trouvant amélioré. Cette loi économique est également valable dans le secteur de la production d'électricité.

    ...

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  8. Les éoliennes allemandes ou espagnoles ont des rendements nettement supérieurs aux éoliennes suisses. Ce sont donc dans des pays venteux et côtiers qu'il s'agit d'investir dans l'éolien à l'échelle européenne. Et non en Suisse ou les rendements sont trop faibles. Ce n'est conséquemment pas dans ce domaine que nous devons nous spécialiser. Quels sont les points forts de la Suisse en matière de renouvelable ? Nous l'avons déjà dit. L'hydraulique et le photovoltaïque. Accessoirement la biomasse et la géothermie. Voila les secteurs où nous devons investir en Suisse. Tout en contribuant aux investissements dans les sources rentables au sein du reste de l'Europe. Placer notamment des fonds dans le développement de l'éolien, du solaire thermique et du réseau électrique européen à très haute tension est bien plus profitable à terme. D'autant que notre pays est appelé à jouer un rôle clé, avec ses capacités de stockage issues des barrages et sa localisation centrale, dans la politique énergétique européenne du renouvelable.

    Si chaque pays européen se replie sur lui en visant l'autonomie électrique la plus importante possible, l'Europe produira alors bien moins d'électricité et pour un prix bien plus élevé que si les Etat européens coopèrent par le biais de la spécialisation et de l'ouverture des marchés ! Or nous allons à l'avenir avoir besoin de beaucoup d'électricité. Pas tant pour sortir du nucléaire que pour sortir du fossile. Ce dernier représente, en Suisse, un peu plus du 2/3 (67% contre seulement 23% pour l'électricité) de notre consommation énergétique finale. Et l'on n'a jamais trouvé de pétrole dans les Alpes suisses ! Nous sommes donc depuis longtemps fortement dépendants de l'étranger en matière énergétique. En matière de renouvelable, nous avons l'opportunité au contraire d'entrer au niveau européen dans une situation d'interdépendance.

    Si, dans le domaine des installations industrielles d'énergie renouvelable, chaque pays se spécialise dans le ou les secteurs énergétiques où il est le meilleur et échange son surplus de production (dépendant beaucoup des différences de conditions météorologiques sur notre continent) avec l'étranger, nous produirons ensemble plus et à meilleur marché. Et réduirons d'autant la dépendance de l'Europe au nucléaire (si la France ne réduit pas sa production nucléaire, vue la proximité et les courants aériens, même avec une sortie du nucléaire, la Suisse reste très exposée en cas d'accident) et au fossile que si nous nous replions chacun dans notre coin.

    Référence :

    http://www.bfe.admin.ch/themen/00526/00541/00542/00631/index.html?lang=fr&dossier_id=00763

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  9. Monsieur Gendre,

    Vous trouverez dans le document accessible via le lien ci-dessous la suite et la fin de ma réponse à votre opinion sur les projets éoliens industriels dans les Préalpes fribourgeoises.

    https://docs.google.com/document/d/1UTd1L42PR71p1Rvu8qEHXuhbuxemf0llxqNtCN7L9ts/edit

    On y retrouve les 3 points précédemment développés complétés par les suivants :

    4. Installations artisanales ou industrialisation de nos Préalpes ?

    5. Crêtes arrières du Jura ou crêtes avancées des Préalpes : une topographie différente

    6. De bucoliques chemins de terre battue ou des routes d'exploitation de sites industriels ?

    7. Parcs naturels : préservation de la faune et des paysages, des objectifs accessoires ?

    8. Impact sur le tourisme : déplacer quelques sentiers ou les dénaturer ?

    9. Sondage ou véritable choix démocratique ?

    ainsi qu'une conclusion.

    Avec mes meilleures salutations,

    Laurent Bardy

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